Exercice de style

Réalisation de la photo portrait « corporate » d’un chef d’entreprise. L’occasion de quelques commentaires sur un véritable exercice de style.

D’abord, il faut évacuer les idées reçues, comme souvent – trop souvent – dans le domaine de la communication. Oui, la photo portrait (des dirigeants, des acteurs clés – et même des collaborateurs) est un outil important de la communication d’une entreprise. Parce qu’il s’agit d’un média riche (ça dit beaucoup de choses) qui, de surcroît, titille énormément la curiosité des gens (il a quoi comme tête ?). Et non, pour les mêmes raisons, la photo portrait ne peut pas se faire simplement – c’est-à-dire, en caricaturant à peine, « à la va-vite », avec un smartphone, dans un coin du bureau (il faudrait bouger un peu la plante, là, non ?).

Ensuite, il y a le moment de la conception et du briefing. Comment positionner le personnage, que veut-on exprimer, quelle image donner ? Lors de cette étape, il semble que l’enjeu principal soit une question de dosage : comment différencier sans polariser ? Commencer par éviter les fautes grossières (lunettes démodées, chaussettes blanches, etc.). Penser ensuite que l’universel est toujours là pour nous porter secours (la chemise bleue ciel, c’est comme le vin, ça fait l’unanimité). Enfin, bien doser ce qui profile, frapper juste dans l’affirmation du différent. Par exemple, distinguer le sourire « confiance », du sourire « performance », du sourire « chaleur humaine » – oui, oui, ça va jusque-là.

Du matin ou du soir
Vient alors le jour J. Comment est la lumière naturelle ? A moins que l’on opte pour le studio, il en faut suffisamment, celle du matin ou de la fin de journée. Mais pas trop, au risque de devoir se battre contre les ombres, les reflets de peau et les mimiques d’éblouissement. Bien sûr, il y a des techniques pour gérer tout cela, mais elles impliquent tout de suite pas mal de matériel, et de staff. Aller, on tourne. Une photo, deux photos. Qu’est-ce que ça donne ? Et surtout, comment se comporte le modèle (qui justement, la plupart du temps, n’en est pas un) ? Contrôle de l’habillement. On en profite pour plaisanter et détendre l’atmosphère. Les prises de vue s’enchaînent. Un angle, un autre. Un cadrage, un autre. Une expression, une autre. Un endroit, un autre. « C’est dans la boîte ! »

Au final, piège ou bonheur du numérique, on se retrouve avec beaucoup de clichés à trier – ah ouais, quand même ! L’objectif (c’est le cas de le dire) est de sortir avec quatre ou cinq images qui rejoindront la bibliothèque visuelle de l’enseigne. Une sélection pour une longue liste. Une autre pour une plus courte. Le choix est fait. Photoshop maintenant. Léger recadrage ici. Petit nettoyage là. Balance des couleurs, luminosité, contraste. Trouver la bonne teinte de peau (ni trop froid, ni trop chaud). Et le tour est joué. Sous les yeux, une série de condensés de sens, expressions subtiles entre impression et signification. Plaisir visuel, bonheur sémiotique.

Merci à Serge Sironi, associé fondateur de Capital Seniors, qui s’est avéré un excellent modèle.

Quelques conseils pour vos photos portrait (mais n’oubliez pas que c’est un métier)

Ce n’est pas du corporate, mais, pour l’inspiration, découvrez les magnifiques portraits de Josh Wool

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