Pokémon Go

Depuis quelques semaines, le monde de la communication est dans tous ses états. Et pour cause : le jeu de réalité augmentée Pokémon Go déferle dans nos contrées. Tout le monde ne parle que de cela et, du coup, les communicateurs de tous bords ont peur de passer à côté de la tendance. Phénomène classique que nous avons déjà constaté de par le passé, souvenez-vous, avec des innovations aussi prometteuses (!!!) que Second Life ou Foursquare…

Pokémon Go, c’est quoi ? Il s’agit d’un jeu gratuit téléchargeable sur votre téléphone portable qui, par le biais de fonction GPS et d’effets de réalité augmentée, fait de vous un chasseur de petites bêtes virtuelles, qui se trouvent être des Pokémons. Le but pour le joueur est d’augmenter son niveau de chasse, de pouvoir accéder à des arènes et de faire combattre ses proies avec celles d’autres joueurs…

Lire un article du Huffington Post qui explique de façon détaillée ce qu’est Pokémon Go

Nous avons testé le jeu et nous aimerions vous faire une confidence : c’est pas mal du tout, c’est très ludique, on se laisse vite prendre – et on imagine volontiers l’avenir de ce type de technologies. D’ailleurs, connaissez-vous l’application Sky Map qui permet d’identifier les étoiles en pointant son smartphone dans le ciel ? Tout simplement fabuleux : grâce à la réalité augmentée, une dimension nouvelle de rêve et/ou de connaissance vient s’ajouter à la vie.

First mover damage
Mais alors, où est le problème, avec Pokémon Go ? Le problème, c’est le risque du « first mover damage », et la confusion que fait régner dans la tête des brand/communication managers le buzz Pokémon Go savamment orchestré par des vendeurs de technologie (non, non, non, on ne veut pas vous dire lesquels).

Or, la technologie, ce n’est pas – et ça ne sera jamais – la communication.

Comment appréhender le phénomène ? Voici quelques points qui pourront être utiles.

Pokémon Go ne vous aide pas à faire passer des messages. Offrir des facilités à vos visiteurs ou à vos clients, c’est leur délivrer un morceau de valeur en plus (vous ne préférez pas plutôt un carré de chocolat ?), mais ce morceau est très accessoire et très peu porteur de sens dans le cas qui nous occupe. Bref, Pokémon Go, c’est sympa, mais en matière de branding, ça reste de l’agitation.

Pokémon Go, c’est déjà plus une bonne idée. « Le premier qui offrit une fleur à une femme était un génie, le second, un imbécile. » C’est un peu la même chose avec Pokémon Go : en vous précipitant dans le phénomène, vous risquez de passer pour opportuniste, voire pour has been. Ainsi va le buzz : du temps qu’on l’attrape, il est déjà passé. Mieux vaut rester concentré sur les fondamentaux plutôt que de courir derrière la mode.

Pokémon Go, n’est pas « digne » de tout le monde. Sans porter de jugement de valeurs, le jeu (en général) est un registre particulier, plus « bas ». Il s’agit d’un « divertissement », pour reprendre un terme pascalien (Pascal et Pokémon Go, eh oui), qui détourne l’âme plutôt qu’il ne l’élève et la rapproche de la foi… Pour faire court, mobiliser Pokémon Go ne convient pas à toutes les enseignes. Avant de foncer, assurez-vous que la chose est en phase avec l’identité que vous recherchez.

Tant qu’à faire, moquez-vous de Pokémon Go, détournez le phénomène à votre manière. Récemment, l’Office du Tourisme de la Ville de Bâle a bien rebondi sur le buzz en diffusant sur les réseaux sociaux une vidéo montrant des Pikachu grandeur humaine partir à la chasse des joueurs, dans les rues de Bâle, armés de pokeballs géantes.

Voir la vidéo de l’Office du Tourisme de la Ville de Bâle

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